Cibles du Cadre Mondial pour la Biodiversité

Cible 5. L'utilisation, la récolte et le commerce des espèces sauvages sont durables, sûrs et légaux

Assurer une utilisation, des prélèvements et un commerce durables, sûrs et légaux des espèces sauvages, en évitant la surexploitation, en minimisant les incidences sur les espèces et les écosystèmes non visés et en réduisant le risque de propagation des agents pathogènes, conformément à l'approche écosystémique, tout en respectant et en protégeant les pratiques traditionnelles des peuples autochtones et des communautés locales en matière d'utilisation durable.

Voici les notes d'orientation préparées par le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (SCBD) pour la cible 5

L'exploitation directe des populations d'espèces sauvages est le principal facteur direct de perte de biodiversité dans les écosystèmes marins et le deuxième dans les écosystèmes terrestres et d'eau douce. Les actions visant à assurer la légalité, la durabilité et la sécurité de l'utilisation des espèces sauvages de faune et de flore doivent être menées au moment de la récolte, du débarquement, du transport et du commerce, ainsi qu'au moment de la consommation finale - ce dernier point ayant une incidence sur la demande globale - et sont essentielles pour prévenir l'appauvrissement de la biodiversité.  

Cette cible a la portée suivante : 

  • Utilisation, prélèvement et commerce - L'utilisation fait référence à toutes les façons dont les espèces sauvages sont utilisées par l'homme, notamment à des fins alimentaires et non alimentaires, telles que l'habillement, la médecine, la culture, la science, les loisirs et le travail, ainsi que pour la vente ou le commerce. La récolte implique la cueillette, la capture ou la chasse d'espèces sauvages à des fins humaines. Le commerce comprend la vente ou l'échange d'espèces sauvages vivantes ou mortes et/ou de produits dérivés. 
  • Espèces sauvages Cette cible se concentre sur les espèces sauvages. Les espèces sauvages sont des populations d'espèces qui n'ont pas été domestiquées et qui peuvent survivre indépendamment de l'intervention humaine. Elles peuvent se trouver dans n'importe quel environnement. 

Cette cible vise les buts suivants : 

  • Durable - Implique la récolte, le commerce et l'utilisation d'organismes à un rythme qui ne dépasse pas leur capacité de renouvellement. 
  • Sécurité - La récolte, le commerce et l'utilisation des espèces sauvages doivent être effectués de manière à ne pas présenter de danger pour les personnes, les autres espèces et les écosystèmes. Par exemple, des considérations spécifiques peuvent être nécessaires pour s'assurer que les risques associés à la propagation d'espèces exotiques envahissantes, à la propagation de maladies et à la dissémination d'agents pathogènes sont pris en compte de manière appropriée. 
  • Légale - Implique que le prélèvement, le commerce et l'utilisation doivent respecter toutes les lois internationales, nationales et locales pertinentes, le cas échéant. 

Ces objectifs sont précisés comme suit : 

  • Impacts sur les espèces non ciblées et les écosystèmes - Outre les pressions directes exercées sur les espèces, certaines activités de récolte, de commerce et d'utilisation peuvent avoir des impacts involontaires sur d'autres espèces, par exemple par le biais de prises accessoires et/ou de dommages causés à l'habitat. Ces impacts, bien qu 'involontaires, peuvent néanmoins avoir des ramifications importantes sur la santé des espèces et des écosystèmes et doivent être minimisés.  
  • Approche écosystémique - L'approche écosystémique est une stratégie de gestion intégrée des terres, de l'eau et des ressources vivantes qui favorise la conservation et l'utilisation durable de manière équitable. L'application de l'approche écosystémique permet d'atteindre un équilibre entre les trois objectifs de la convention. Elle est fondée sur l'application de méthodologies scientifiques appropriées axées sur les niveaux d'organisation biologique qui englobent les processus, fonctions et interactions essentiels entre les organismes et leur environnement. Elle reconnaît que les êtres humains, avec leur diversité culturelle, font partie intégrante des écosystèmes. L'approche écosystémique est le principal cadre d'action de la Convention sur la diversité biologique.  
  • Utilisation durable coutumière par les peuples autochtones et les communautés locales - Les actions visant à mettre en œuvre cette cible doivent tenir compte des systèmes autochtones et locaux de contrôle, d'utilisation et de gestion des ressources naturelles, et ne doivent pas restreindre cette utilisation durable coutumière. L'utilisation coutumière des ressources biologiques comprend des fonctions spirituelles, culturelles, économiques et de subsistance. 

  • Les actions visant à atteindre la cible 5 doivent tenir compte de toutes les considérations relatives à la mise en œuvre identifiées dans la section C du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.  
  • Les progrès accomplis dans la réalisation de cette cible contribueront directement aux objectifs A et B du cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Les progrès réalisés contribueront également à la réalisation des cibles 4, 6, 9 et 11. Inversement, les progrès accomplis dans la réalisation des cibles 14, 15, 16, 18, 21 et 22 contribueront à la réalisation de cette cible.  
  • La cible 5 traite de questions précédemment abordées, en partie, dans l'objectif 6 d'Aichi pour la biodiversité. 
  • Des éléments de la cible 5 sont également abordés dans les cibles des objectifs de développement durable, notamment les cibles 12.2, 14.4, 14.7, 15.2, 15.7 et 15.C.   
  • La cible 5 est également pertinent pour les travaux entrepris dans le cadre de la classification des espèces de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), de la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS) et de la Convention de Ramsar relative aux zones humides d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau.  

  • Quelles sont les espèces sauvages actuellement récoltées, commercialisées ou utilisées dans votre pays ? Dans quelle mesure cette récolte, ce commerce et cette utilisation sont-ils durables, sûrs et légaux ? 
  • Quels sont, le cas échéant, les impacts de l'utilisation, de l'exploitation et du commerce des espèces sauvages sur les espèces et les écosystèmes non ciblés ? Comment ces impacts pourraient-ils être atténués ? 
  • Quelles sont les opportunités et les contraintes écologiques, économiques et sociales potentielles liées à la gestion de l'utilisation, de la récolte et du commerce des espèces sauvages ? Quelles sont les parties prenantes susceptibles d'être affectées ? Comment les impliquer et répondre à leurs besoins ? Quels sont les compromis à envisager ?  
  • Quelles ressources supplémentaires (financières, humaines et techniques) seront nécessaires pour atteindre la cible nationale? Comment les fonds supplémentaires peuvent-ils être collectés ? Quelles sont les sources de financement possibles ?

Le cadre de suivi du cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal identifie les indicateurs suivants pour cet objectif : 

Indicateurs phare : 

Indicateurs de composantes : 

  • Indice de la Liste rouge pour les espèces utilisées  
  • Indice Planète Vivante pour les espèces utilisées  
  • Utilisation durable des espèces sauvages 

Indicateurs complémentaires : 

  • Indice de durabilité des bassins versants et de la pêche continentale 
  • Indice de la Liste rouge (pour les espèces faisant l'objet d'un commerce international et pour les espèces migratrices) 
  • Prise de poissons certifiées par le Conseil d’intendance des mers 
  • Prise totale de cétacés dans le cadre de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine 
  • Prises accessoires d'espèces vulnérables et non ciblées 
  • Degré d’application des instruments internationaux visant à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée 
  • Proportion du commerce légal et illégal de la faune sauvages constituée d’espèces menacées d'extinction 
  • Commerce illégal selon la classification d’espèces CITES 
  • Nombre de pays intégrant le commerce dans leur politique nationale de protection de la biodiversité 
  • Proportion des régions écologiques terrestres, d'eau douce et marines qui sont préservées au moyen d’aires protégées ou d'autres mesures de conservation effective par zone 
  • Mise en œuvre de mesures visant à minimiser les impacts de la pêche et de la chasse sur les espèces migratrices et leurs habitats 
  • Nombre de titulaires de certificats de traçabilité du MSC par pays de distribution 
  • Tendances du commerce et de la commercialisation des produits issus de la biodiversité qui sont durables et légales(et qui s’alignent sur les principes de l’initiative BioTrade et/ou les prescription de la CITES) 

Note du Secrétariat : Ces documents d'orientation fournissent un aperçu de la cible en présentant brièvement les termes clés, en mettant en évidence certaines des implications pour la fixation de cibles nationales, et en fournissant des points clés et des questions directrices à prendre en compte dans le cadre des exercices de fixation de cibles nationales. Ils identifient également les indicateurs adoptés pour surveiller les progrès et les ressources pouvant aider à la fixation et à la mise en œuvre de cibles nationales. Ces documents doivent être considérés comme un travail en cours et seront périodiquement mis à jour en fonction des contributions des Parties et des organisations partenaires à la lumière de l'expérience de leur utilisation. Ces informations sont destinées à servir de ressource que les Parties et d'autres pourraient envisager d'utiliser lors de la mise en œuvre du cadre mondial pour la biodiversité. Ils ne remplacent ni ne qualifient la décision 15/4 ni la 15/5